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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 13:23

 

On savait vivre en ce temps là!!!!
 

Oh qu'en termes galants ces choses là sont dites...
 Voilà enfin retrouvée une de ces lettres tant recherchées... Si nous avons pratiquement toute la correspondance de la Marquise de Sévigné vers sa fille, personne jusqu'à présent n'avait pu mettre la main sur la correspondance inverse : celle de sa fille (qui devint marquise de Grignan) vers sa mère, mais qui avant celà, comme toutes les jeunes filles, dut faire son éducation sentimentale....
 

Il y a aussi la version orientale qui m'a été envoyée par Jacky à qui je dis merci

http://trilogiestarwars.chez.com/gif%20anime/sextoon/img9.gif

 

Ah ! vous dirais-je Maman
 A quoi nous passons le temps 

 
 Avec mon cousin Eugène ?
 Sachez que ce phénomène
    
 Nous a inventé un jeu
 Auquel nous jouons tous les deux.
    
 Il m'emmène dans le bois
 Et me dit: "déshabille-toi " .
  
 Quand je suis nue tout entière,
 Il me fait coucher par terre,
  
 Et de peur que je n'aie froid
 Il vient se coucher sur moi.
    
 Puis il me dit d'un ton doux :
 "Écarte bien tes genoux"
    
 Et la chose va vous faire rire
 Il embrasse ma tirelire !
    
 Oh ! vous conviendrez, Maman,
  Qu'il a des idées vraiment....
  
 Puis il sort, je ne sais d'où,
 Un petit animal très doux,
    
 Une espèce de rat sans pattes
 Qu'il me donne et que je flatte.
    
 Oh ! le joli petit rat !
 D'ailleurs il vous le montrera.
    
 Et c'est juste à ce moment
 Que le jeu commence vraiment.
    
 Eugène prend sa petite bête
 Et la fourre dans une cachette
    
 Qu'il a trouvée, le farceur,
 Où vous situez mon honneur. ..
    
 Mais ce petit rat curieux,
 Très souvent devient furieux.
    
 Voilà qu'il sort et qu'il rentre,
 Et qu'il me court dans le ventre.
  
 Mon cousin a bien du mal
 à calmer son animal.
    
 Complètement essoufflé,
 Il essaye de le rattraper.  
    
Moi je rie à perdre haleine
 Devant les efforts d'Eugène.
 
 Si vous étiez là Maman,
 Vous ririez pareillement.
  
 Au bout de quelques instants
 Le petit rat sort en pleurant.
  
 Alors Eugène qui tremblote
 Le remet dans sa redingote.
    
 Et puis tous deux nous rentrons

Sagement à la maison.
    
 Mon cousin est merveilleux
 Il connaît des tas de jeux.
    
 Demain soir sur la carpette
 Il doit m'apprendre la levrette.
    
 Si vraiment c'est amusant,
 Je vous l'apprendrai en rentrant.
    
 Voici ma chère Maman
 Comment je passe mon temps.
  
 Vous voyez je suis très sage.
 Je fuis tous les bavardages
  
 Et j'écoute vos leçons :
 Je ne parle pas aux garçons.

 

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 11:56

Un ami Sfaxien comme moi avait reçu ce livre de son frère qui revenait d'un voyage enTunisie, connaissant mes rêves sur ma ville natale il s'empressa de me le prêter avant qu'il ne le lise lui même:

Alors maintenant vous comprenez pourquoi mon absence se prolonge plus que je ne l'avais promis.

Donc vous allez être bien sages et attendre que je finis mon bouquin. le plus intéressant est que je reconnais certains des noms figurant sur ce livre. Une amie a été très contente qu'il était question de son père dans ce roman. A elle de se casser la tète pour avoir ce livre. http://www.ruedusmiley.fr/grands_smileys/ruedusmiley_grand_smiley_0422.gif?texte= smileys provenant de "la rue des smileys"

Ce qu'il est dit sur l'arrière du roman.

 


http://sud-editions.com/images/stories/jeunesse.gif

Sur sa ville, sur ses habitants cet adolescent jette un regard attendri – que dis-je, amoureux-, même s’il sait que « tout y est compartimenté : les Français, les Grec, les juifs, les Arabes…. ! Nous vivons sans haine, écrit-il, confiants dans les vertus du labeur, l’avenir nous paraissait radieux… » Un regard interrogateur aussi, ….car dans ce paysage de bonheur, des nuages montent à l’horizon : les impatiences des nationalistes, les inquiétudes qu’elles génèrent, les tentations, pour quelques-uns, de la terre promise.
Alors il pose les questions, même si elles restent souvent sans réponses. Il engage le dialogue avec Simon le communiste qui stigmatise la colonisation, avec Abdelaziz qui lui explique la révolte des tunisiens, le rend sensible à leur condition insoutenable, avec Faty qui ne rêve que des collines de Sion et qu’il ne comprend pas…ce besoin de comprendre le porte vers les autres, l’amitié est au cœur de cet écrit chaleureux.   

Publié par:  "su d éditions Tunis"

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 10:55


L ' o r e i l l e r

http://profile.ak.fbcdn.net/v229/358/50/n1590420733_1265.jpgRachel, ma belle-mère, était une femme adorable et affectueuse, d'une grande gentillesse et d'une grande bonté. Lorsque je la rencontrais pour la première fois dans sa maison, je vis sur son beau visage illuminé, l'expression de son caractère avenant et dévoué. Je fus séduit à l'instant même par sa candeur, sa chaleur et sa simplicité. Dès notre première rencontre déjà, il se créa une sorte de chimie entre nous ; j'avais l'impression de la connaître depuis toujours. Une affection mutuelle croissante et d'une nature particulière nous rapprocha également. A notre manière d'échanger des regards dans toute situation, il devint clair pour tous que, pour nous comprendre, les paroles étaient devenues inutiles, superflues.


Elle m'a véritablement aimé, accepté et considéré comme son propre fils. De mon côté je l'aimais comme on aime une mère. Comment en serait-il autrement ? Assurément, une sainte femme. Une juste parmi les justes qui consacra sa vie à faire le bien autour d'elle par tous les moyens et qui ne laissait manquer de rien ni ses enfants, ni ses petits-enfants. Sa maison était ouverte à tous. Aussitôt le seuil franchit, on s'y sentait bien, à l'aise. Mes impressions et intuitions premières s'avérèrent être justes par la suite, bien des années plus tard, après le mariage, Rachel était plus de mon côté que de celui de mon épouse.



http://www.aquelprix.fr/uploads/images/thumb/373400/373476-oreiller_lavable_agrave_95deg.thumb

 

Ce que j'aimais par ailleurs chez Rachel, c'était cette fidélité à elle-même, cette manière permanente d'être encore et toujours en exil. Dans sa maison, on avait l'impression de se retrouver au Maroc. En outre, sa bonne humeur ne fut nullement altérée par son Alyia1 en Eretz. Ma mère Rina, en revanche, était déjà une israélienne. Elle négligeait la langue française et parlait un hébreu presque sans accent.

Mon affection envers Rachel trouva pour la première fois son expression, lorsqu'elle se retrouva au lit immobilisée par la maladie. Je l'avais alors soigné, avec l'aide de ses filles. Depuis, elle ne cessa de me louer et de me bénir pour cela.


Lorsque, dans les années soixante, Rachel et son mari se préparèrent à quitter Israël et à émigrer au Canada - un pays aux ressources inépuisables - nous nous rendîmes à Ashqelon, nous le jeune couple, pour prendre congé. Pour l'épreuve de la séparation. Nous trouvâmes une maison presque vide. Tous les objets de valeur que nous avions tant aimé avaient été distribués parmi les voisins ou alors cédés à des prix dérisoires.


Et alors resurgirent en moi souvenirs et images d'une famille unie et chaleureuse, aimante et attentionnée. Une famille, qui en l'espace de quelques jours, était sur le point de se disloquer à jamais. J'avais particulièrement mal pour mon épouse, sachant combien était grand l'amour qu'elle portait à sa famille. Combien en leur absence, la solitude allait lui peser ici au pays.

 

http://www.aquelprix.fr/uploads/images/thumb/373400/373476-oreiller_lavable_agrave_95deg.thumb

 

Ma femme est montée du Maroc en Israël en 1968 avec un groupe de jeunes gens de son âge. A l'époque, ses parents n'étaient pas prêts à émigrer en Eretz, ils avaient une nette préférence pour le Canada français. Mais à la suite de lettres revêtant un caractère d'urgence, d'appels au secours que leur fille leur adressait depuis Israël, ils modifièrent leurs plans, optèrent pour une solution dictée par les évènements et rejoignirent leur fille.

Mon épouse avait, à l'instar des autres immigrants, beaucoup de mal à s'intégrer dans le nouvel environnement. Ses missives débordaient d'intense et irrépressible nostalgie envers la famille et lançaient autant d'appels à l'aide. A leur arrivée au pays, ils reçurent un logement dans le quartier Guimel, le quartier "C" à Ashqelon, entouré de toutes les tribus et groupes ethniques d'Israël.


A la même époque, il y eut également une importante immigration de Juifs originaires de Géorgie, qui apportèrent couleur et animation dans les quartiers gris de la ville. Les terrasses et les vérandas de leurs maisons fleurissaient de tapis bariolés.


Les jeunes enfants commencèrent aussitôt à fréquenter les écoles et s'intégrèrent rapidement. En revanche, les jeunes filles adultes ne trouvèrent guère d'emploi correspondant à leurs compétences et durent se contenter de petits travaux au Club Med sur la plage d'Ashqelon - au moins ne pas oublier la langue française et en poursuivre la pratique - et rêvèrent sans relâche d'une vie meilleure.


Lorsque Rachel fut touchée par une maladie de vieillesse caractéristique, les membres de la famille en tinrent le pays pour responsable. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase2 et qui entraîna leur décision d'emménager au Canada.


Triste et silencieux, je me tenais ce matin-là au centre de la maison, les yeux brillants de larmes contenues. Un profond sentiment d'amertume m'étreignait et mon coeur se serrait à la vue de cette maison vidée de tous ses chers objets. Le verre, l'argenterie et la porcelaine, les peintures à l'huile rares que j'aimais tant et auxquelles je m'étais profondément attaché. Les images des premiers jours et de mes premières visites dans cette maison débordante de chaleur, défilaient dans ma tête. Je me souvenais des tapis berbères colorés acheminés en rouleaux depuis le Maroc et qui apportèrent une note gaie et bienvenue dans le léger mobilier de l'époque. Je revoyais les vases argentés, les objets en cuivre, les services à thé avec thermos et bouilloires argentés, verres décorés et une théière, splendide, d'une beauté inouïe.


Subitement, il était possible de discerner l'état de tristesse, de morosité et de délabrement de ces murs nus parsemés de trous et piqués de clous en acier noirs que l'on avait plantés durant trois bonnes années pleines. Je me souvenais encore de la place où était accrochée une belle peinture à l'huile colorée, ceinte d'un cadre en bois doré. L'écho de chacune des paroles que je prononçais résonnait à plusieurs reprises derrière moi.

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Le grand vide de la maison se reflétait dans le vide qui se faisait dans nos coeurs. Mes yeux s'humectèrent de larmes et subitement ma vue se brouilla.


Lorsque nous fumes de retour au salon vide, on nous demanda si nous désirions emporter quelque objet.

Non, nous n'avons besoin de rien, fut notre réponse.
Mais ma femme, qui tenait maman Rachel dans ses bras, une mère en pleurs, pâle, affaiblie par la maladie et les affres de la séparation dit tout en lui essuyant ses larmes :
Je voudrais l'oreiller de maman.
C'est tout ce que tu veux ? , s'étonnèrent ses soeurs,
Oui, c'est ça, uniquement l'oreiller.
Nous prîmes donc l'oreiller.

L'heure de la séparation était arrivée. Nous nous étreignons, nous embrassons et nous quittons en paix. Ma femme, particulièrement affectée, était brisée. Elle savait que plusieurs années allaient s'écouler avant que l'occasion ne se présente de faire le voyage et revoir sa famille au Canada.


Je l'enlaçais d'un bras, l'oreiller de l'autre et nous prîmes le chemin du retour.


Les dures images de la séparation persistèrent encore longtemps devant nos yeux. Personne n'avait à ce jour trouvé de recettes miracle mettant du baume sur les coeurs et adoucissant les affres de l'absence, même en tenant compte d'une consolation sous forme d'oreiller, cette grande saucisse destinée à la tête de notre lit.


Ce grand oreiller traversin, étalé en permanence à la tête du lit, nous suit et nous accompagne depuis trente-cinq ans déjà. Il fut de tous les déménagements et nous le transbahutâmes du nord au sud du pays, de Kiryat Shmona à Eilat. Aux déménageurs qui se pointaient avec leur camion, il était permis de manipuler et de descendre toutes les affaires de notre habitation ; sauf l'oreiller qui restait entre nos mains avant d'être soigneusement déposé en dernier, à l'arrière du véhicule, au-dessus de tout le chargement. Véritablement, une immense saucisse imposante.


Lorsque notre chambre à coucher fut repeinte en bleu, ma femme s'empressa de remplacer la garniture de lit existante par une parure en harmonie avec la nouvelle couleur et, dans la foulée, prépara séance tenante une nouvelle taie pour l'oreiller. Qu'elle fut fleurie ou dorée, ou encore de couleur crème, nous étions tenus, à chaque remplacement de garniture, de trouver une enveloppe assortie et appropriée à l'oreiller.


Un beau jour, je me retrouvais, en plein mois d'août, debout à une station attendant dans la canicule estivale, l'arrivée du bus, entraîné dans mon élan vers le sud de Tel-Aviv à la recherche d'un tissu spécial pour l'oreiller. Dès lors, je compris que cet oreiller nous causait bien des déboires et nous entraînait vers des dépenses supplémentaires à la limite du raisonnable et de l'excès !


Une fois rentré à la maison, encore ruisselant de la sueur de mon voyage, je pris dans mes mains la modeste dot ramenée par mon épouse et décidais, avant de la glisser dans la taie, de voir ce qu'il y avait dans cet oreiller-là ? !

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Après tout, peut-être renfermait-il quelque secret dont j'ignore la nature et qui poussait ma femme à errer avec cette saucisse à travers les faubourgs du pays ?


Je referme doucement la porte de notre chambre à coucher et, furtivement, tel un jeune délinquant, je découds délicatement la partie supérieure de l'oreiller, en y mettant tout le soin accordé à la manipulation de biens ou d'objets précieux. Au premier abord, l'oreiller ne semblait contenir que de banals chiffons compressés. Mais je ne désespérais pas pour autant. Empli d'espoir, j'extrayais un chiffon après l'autre, m'attendant à tout instant à voir surgir un anneau de diamants, une bague mystérieuse, un bijou rare... Ou, tout au moins, à exhumer quelque antique lettre nostalgique.


Et c'est ainsi que mon épouse me surprit. Assis sur notre lit, entouré de chiffons, la taie d'oreiller étalée à mes pieds telle un ballon dégonflé. Lorsque je vis le visage stupéfait et bouleversé de mon épouse alors qu'elle s'appuyait interdite contre le mur, je compris que je venais de commettre un sacrilège de mes propres mains, un crime de lèse majesté à l'encontre de l'unique vache sacrée de la maison.it

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Je la calme, l'embrasse, lui fait quitter la chambre, la ramène au salon et m'en retourne refouler toute cette nostalgie à l'intérieur de l'oreiller. Avec beaucoup d'efforts et non des moindres, je fais glisser l'oreiller dans la nouvelle taie commandée par mon épouse et acheminée par mes soins depuis le sud de Tel-Aviv.


Et, elle est toujours là, la troisième pierre angulaire de notre lit conjugal. L'oreiller de Rachel notre mère nous protège et nous, nous le protégeons en retour. A chaque regard que je lui porte, je me dis que le choix de mon épouse la perspicace, la clairvoyante, était vraiment judicieux.


Un objet simple et des plus usuels, en guise de souvenir.


1 Aliya, voir récit "Le Premier Pain", note 2

2 dans l'original en hébreu : la paille (qui brisa) de trop sur le dos du chameau, (de l'anglais, The straw that breaks the camel's back)

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:03


L a C o l o m b e d e l a P a i x

David Elmoznino

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Par beau temps, à vol d'oiseau, d'un seul et même point de vue, un vaste http://profile.ak.fbcdn.net/v229/358/50/n1590420733_1265.jpgpanorama englobant quatre pays s'offre devant les yeux : là devant soi, c'est Israël ; sur la gauche, au-delà des eaux du golfe se profile Aqaba en Jordanie ; les monts éloignés sur la droite, c'est le Sinaï et à l'horizon oriental, en regardant attentivement, il est possible de distinguer l'Arabie Saoudite. 

http://lh5.ggpht.com/_C69VzfeOfqI/SphZu60VvSI/AAAAAAAAA0E/G8SDqHxsz-U/COLOMBE+%28IMAGES%29_00005.gif Eilat a la particularité de chevaucher ces quatre points géographiques. Dans le golf Aqaba-Eilat, deux localités qui, vues du ciel, paraissent se fondre en une seule et même grande agglomération, on observe depuis de nombreuses années l'apparition d'un fait insolite. Une sorte de phénomène naturel unique en son genre. De massives migrations d'oiseaux en quête de nourriture, faisant un va et vient constant et spectaculaire entre les deux localités.

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Un couple de pigeons avait pris ses quartiers sur le rebord d'une fenêtre au cinquième étage d'un immeuble locatif à Eilat, virevoltant, souillant et roucoulant jour et nuit. Ce fut d'abord un pigeon mâle qui atterrit sur le rebord de la fenêtre, le col brillant, éclatant, affichant une gorge puissante au-dessus d'un abdomen impressionnant. Sa compagne atterrit derrière lui, petite et gracieuse, le plumage blanc comme neige. Le mâle se cambre en arrière, s'étire, redresse le corps et bombe le torse, le regard flou, les yeux dans le vague. Elle s'approche de lui. Il se rengorge et s'envole, paradeur, dans un déploiement d'ailes, fier de sa beauté et de ses atouts. Il fait le tour du bâtiment et revient.

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Elle se tient sur l'extrémité de son perchoir et lance de petits regards saccadés alentour. Il la fixe un instant, elle lui rend un regard intimidé. Il s'approche d'elle, enfouit le bec dans sa tête et dans son ventre, puis leurs becs se soudent, ils "s'embrassent". Il se sépare d'elle et entame une ronde, une parade de séduction riche d'effleurements et de frottements. De sa tête, elle le caresse. Il exhibe une gorge éclatante et brillante, déploie les ailes et, d'un bond, atterrit sur son dos, la couvre et se soude un instant à la femelle consentante.


Et ainsi de suite, de jour comme de nuit, un spectacle ininterrompu, agrémenté de sons de cour et de bruissements d'ailes.

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La colombe eilatienne appartient à une espèce très particulière unique en son genre. C'est le produit de la colombe commune en Israël, la colombe des rochers - Columba rupestris - et la colombe domestique. Sa couleur varie entre le blanc, le gris et le gris clair. Deux bandes noires recouvrent ses ailes. Sa tête brille d'un éclair métallisé, vert ou violet pourpré. La colombe, communautaire, nidifie en bandes organisées indistinctement dans des bâtiments abandonnés ou habités. A Eilat, les colombes font preuve d'une grande faculté d'adaptions, se fondent dans tout milieu et composent avec toute situation. Tous les efforts déployés par les eilatiens pour s'en débarrasser sont à ce jour restés vains et semblent plutôt renforcer leur pouvoir de résistance.

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Le propriétaire de la maison était résolu à s'en débarrasser par tous les moyens. Il eut recours aux stratagèmes les plus récents et s'essaya à toutes les idées modernes existantes censées les chasser du rebord de sa fenêtre. Mais rien n'y fit. A bout de ressources, il se résigna à boucher l'ouverture, à murer la fenêtre de l'intérieur et pris le parti de les oublier et de les ignorer. Il s'en va, il se retire, il renonce.


Entre temps, les volatiles à l'abri de toute intrusion, s'occupent d'assurer la relève et de produire en toute tranquillité la génération de continuité. La femelle pond deux œufs blancs plusieurs fois par année qu'elle couve en toute quiétude, cependant que le propriétaire se tient coi, le regard fixe. Observateur passif aux yeux écarquillés, bouillant intérieurement et gardant le silence. Il n'a que quelques heures de répit par jour, des moments de grâce durement gagnés – une belle accalmie lorsque les pigeons s'envolent vers la ville d'Aqaba.

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Jour après jour, aux petites heures du matin, avec le lever du soleil, tandis que l'air est encore pur, vif et transparent et qu'un jour nouveau s'annonce, les oiseaux s'élancent vers le ciel, comme mystérieusement mus par un ordre venu d'en haut.


Des dizaines de formations de pigeons se constituent à Eilat, prennent leur envol en direction de Aqaba et s'abattent sur le port de mer qui la borde. A Eilat, ne restent que les malades, les blessés, les oisillons tendres et fragiles perchés sur les toits et les rebords de fenêtres. Du haut de leur vol, les colombes distinguent les quatre pays et jouissent du paysage époustouflant du golf d'Aqaba.

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Aujourd'hui encore, nul n'est en mesure d'expliquer le mystère entourant aptitude et faculté à identifier leur lieu de destination. Comment, au grand jamais, dans leur périple entre Eilat et Aqaba, en empruntant la route claire séparant les deux cités, ils ne se sont perdus en chemin.

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A Aqaba, cette multitude de pigeons en quête de nourriture, s'abat sur le port de mer regorgeant de graines et de semences. De gigantesques entrepôts débordant de céréales se dressent dans le port voisin, abritant les précieuses denrées déversées par un grand nombre de navires marchands convoyant leur marchandise vers la Jordanie, l'Irak, les Etats-Unis et autres pays.

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Les pigeons y passent une grande partie de la journée avant de reprendre le chemin du retour, de revenir vers nous à la tombée de la nuit, rassasiés et repus, virevoltant joyeusement en direction de Eilat et survolant un golf éblouissant, éclairé de milles lumières multicolores. Et sans doute, afin d'alléger leur vol de retour au bercail, ils ne manquent pas de lâcher quelques reliquats résiduels issus de leur digestion quotidienne.

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Au cœur du Golf, en pleine mer, passe la frontière virtuelle entre Israël et la Jordanie. Il y a peu d'années, alors qu'aucun traité de paix n'entre les deux pays n'existait encore, le propriétaire se contentait d'admirer le paysage à travers sa fenêtre et rêvait du jour où il pourra contempler Aqaba sans devoir recourir à une longue vue ou à une paire de jumelles.


Les pigeons n'en avaient cure et traversaient allègrement la frontière en toute impunité. Tel un augure, un présage de la paix à venir entre Israël et la Jordanie. Tout un symbole.

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Traduction de langue hébraïque: Jacob-Rony Ruimy.

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:57

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Un jour un livre


En bref

Extrait du roman « Palais et Jardins »

par Elmoznino David

Traduction de la langue hébraïque :

Jacob-Rony Ruimy


 

 


Dans ce Mogador du siècle passé, tout au début des années cinquante, mon père venait d’ouvrir un petit magasin de thé dans une petite ruelle silencieuse et tranquille où les passants se faisaient rares. Les boutiques voisines, adjacentes au magasin de mon père étaient également occupées par des Juifs. Le propriétaire du commerce de tissus à la droite de mon père et celui du marchand de tapis à sa gauche, nouèrent au fil des années, des liens d’amitié avec lui. Lorsque le chaland désertait leurs locaux, ils prenaient l’habitude de se retrouver à trois, de boire du thé vert agrémenté de menthe, de se restaurer et de deviser sur les choses de la vie.

J’aimais, après l’école, me glisser hors de la maison et aller rendre visite à mon père dans son magasin. J’aimais rôder autour des caisses de thé chinois, y grimper, humer les senteurs fraîches et croquer des morceaux de sucre que je ramassais un peu partout. J’aimais être en compagnie de mon père et de ses amis, partager leur chaud breuvage et me plaisais à imaginer que j’étais l’un de ces personnages représentés sur la tapisserie géante et bigarrée suspendue au mur : un groupe d’inconnus vêtus d’habits arabes sirotant du thé quelque part dans la nature.

Le Maroc découvrit le thé par hasard en l’an 1854. A la suite d’une erreur de navigation. Un vaisseau anglais, chargé d’une importante cargaison de thé, est dérouté vers les côtes marocaines et, dans l’urgence de la situation, vint mouiller au port de Mogador. Ce fut pour l’équipage du navire, le coup de pouce providentiel, l’affaire de leur vie.

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash1/hs524.ash1/30801_1298903004576_1590420733_30793358_1913235_n.jpgLes marocains s’entichèrent de la boisson et en firent un rituel local incontournable, un produit de base courant adopté par toute la population. De son magasin, mon père alimentait en thé bourgades voisines et villages éloignés. Lorsqu’ils quittaient leurs hameaux pour se rendre à Mogador, les amis musulmans de mon père ne manquaient jamais l’occasion de venir saluer Tajer Rouffiel, Raphaël le Riche. Ils prenaient place, appréciant un repos bienvenu, savouraient bien entendu une bonne infusion de thé, entamaient un échange de propos sur leur mode de vie particulier, leurs us et coutumes.

Ces rencontres donnaient à mon père l’opportunité d’approfondir la connaissance de l’autre, d’aborder avec une érudition certaine de nombreux sujets relatifs à la religion. Il agrémentait ses propos de proverbes et de citations tirées du Coran, qu’il connaissait sur le bout des doigts et qu’il récitait dans un arabe parfaitement maîtrisé.

Pour cette plage de repos, ces conversations, ce précieux breuvage, les hôtes musulmans de mon père exprimaient leur reconnaissance à leur manière, par des cadeaux : une jarre remplie d’huile d’olive vierge pressée à froid, voire de l’huile d’Argan1, une spécialité unique en son genre, typiquement marocaine, un plateau en terre cuite garni de beurre salé au thym, ou alors un pichet de Mahia, l’Arak local. Parfois c’était du miel frais. Il y eut même un tabouret en bois fait main - et c’est ainsi que, lorsque mon père s’en revenait à la maison pour partager le repas de midi avec sa femme et ses enfants, nous l’attendions tous réunis sur le pas de la porte, impatients de faire l’inventaire des présents du jour.


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Palais et Jardins

Un beau matin, dans la chaleur d’un été particulièrement chaud, un voyageur, un Juif de langue berbère, fit sont apparition dans la petite ruelle. De toutes ses forces, il tirait derrière lui un jeune veau récalcitrant, arc-bouté sur ses sabots. Arrachés de leur torpeur par le tintamarre inhabituel, nos trois commerçants émergeant de leur somnolence, quittèrent leurs magasins curieux de découvrir les causes de ce tapage inhabituel, violant le calme de leur paisible ruelle.

Revêtu d’habits clairs, la barbe respectable, le Juif se tourna vers eux pour se présenter, avant de se lancer dans des explications où il était question de son espoir de réaliser une affaire sous forme de troc. Il était prêt à céder son jeune veau, contre des produits de première nécessité dont sa famille avait grand besoin. La chair de son jeune animal, expliqua-t-il, se prête particulièrement bien à la confection de délicieuses saucisses fraîches et juteuses.


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La version hébraique parrut il y a quelques années.


Ce même jour, alors qu’il nous rejoignait pour le repas traditionnel, mon père arriva à la maison les bras chargés de deux cageots. Notre curiosité fut aiguisée et nous cherchâmes à deviner le contenu de ses caissettes. S’agissait-il là de vêtements, d’outils spéciaux, ou alors de délicieuses friandises inconnues, en provenance de contrées lointaines ?

Mais hélas ! Quelle ne fut pas notre déception lorsque nous découvrîmes, une fois les caisses ouvertes, de la viande fraîchement découpée... Ma mère par contre affichait une mine ravie. Elle s’écria pourtant, après avoir humé un instant l’air ambiant :  ? Sentez-vous aussi cette odeur ? Qu’est-ce que c’est ? ?  ? C’est du parfum ! ?, lançais-je, le nez captant les effluves entêtants. Un veau très parfumé en quelque sorte.

Le Maroc, en période de floraison, ressemble à un immense terrain de football ocré. Si le spectacle est un ravissement pour les yeux, il en va tout autrement pour le bétail, qui, avalant les fleurs avec avidité, marque ainsi sa chair de ces senteurs. En outre, qui serait prêt à consommer de la viande parfumée ?  ? Qu’allons-nous faire alors de toute cette viande ? Demandais-je à ma mère, en relevant son air songeur.  ? Nous allons en faire de... la saucisse, décida-t-elle dans la foulée, l’espace d’un éclair. Un bon moyen pour noyer le goût des fleurs.

Je n’avais encore jamais vu comment se confectionnaient les saucisses et j’avais l’impression, devant http://media-cdn.tripadvisor.com/media/photo-s/01/76/05/ce/des-paysages-a-couper.jpgson air dubitatif, que ma mère elle-même ne savait trop comment s’y prendre, là, j’avais eu quelques doutes ! Mais, lorsque ma mère décide, il n’est plus possible de reculer.

Nous nous mîmes au travail sur-le-champ. Ma mère entreprit de découper la viande en grands carrés sur la table à manger, avant de les saupoudrer de sel et de poivre à l’intérieur d’une grande poêle. Elle m’envoya chercher notre bonne vielle et fidèle machine à hacher la viande, qui faisait alors partie de la panoplie de toute bonne ménagère au Maroc. C’était un instrument massif en fonte d’aluminium, dense et lourd, surmonté d’une grande bouche d’entrée évasée, qui engloutissait les produits à broyer. Ma mère fixa le hachoir à la table serrant soigneusement la vis robuste de l’étau monté sur la queue de l’engin, y chevilla la manivelle à manche en bois, dont elle se saisit pour commencer à hacher la viande parfumée.

Debout, en retrait, j’observais, fasciné, comment les cubes de viande se transformaient, après leur passage dans le cylindre du broyeur, en longs serpents torsadés s’écoulant de la grille à l’avant de la machine.

Une fois le hachis prêt, il est pétri à la main dans d’amples mouvements appuyés, enrichi à grand renfort de sel, de poivre noir, d’ail, de feuilles de laurier et d’accommodements divers, jusqu’à l’obtention d’une pâte tendre couleur brun pourpre - avant de passer à l’opération suivante, le remplissage.

Entre-temps, mon père était revenu du Souk, les bras chargés de quelques bons kilogrammes d’intestins de veau, mission accomplie. En quelques minutes, Salma, notre aide ménagère, leur fait subir un nettoyage en profondeur, les retournes, les grattes et les racle délicatement au moyen d’un couteau à lame en bois. Les boyaux sont alors rincés à l’eau claire, pendant que j’allais chercher notre accessoire artisanal en fer noir, utilisé normalement pour caler le bac à bain pour bébés. Bien entendu, en l’occurrence, il était inutile me préciser d’ignorer le bac et de ne rapporter que le pendoir improvisé, sur lequel ma mère allait accrocher les saucisses fraîches et les enfumer.

Le grand moment est enfin arrivé : ma mère découpe une longueur de tripes, tend l’une des extrémités à Salma qui s’en saisit et confectionne un nœud à l’autre bout. Salma gonfle ensuite le conduit afin de faciliter le passage de la préparation apprêtée et assaisonnée. Ma mère fixe sur le hachoir un entonnoir en tôle, de facture spéciale, et introduit le goulot dans le boyau gonflé.

http://profile.ak.fbcdn.net/v228/1512/14/n633117621_6348.jpgA moi incombe une tâche importante et délicate - me saisir du manche à bois et, à chaque tour de manivelle, presser et faire progresser la pâte à l’intérieur du long saucisson dilaté. Ma mère, dans l’intervalle, se consacre déjà aux deniers détails, ficelle les produits finis et les agrafe au support improvisé. Un feu de copeaux de pin commence alors à brûler sous l’assemblage de fortune. Les saucisses, enveloppées d’une vieille couverture, sont posées au-dessus de l’âtre et la maison se remplit d’une fumée porteuse d’agréables effluves.

Au bout de quelques heures, les voisins alertés, descendent précipitamment de tous les étages alentour et viennent contrôler l’avance de cet incendie de fumée parfumée, espérant, présumant le voir limité à notre espace de travail, priant pour qu’il ne gagne pas, Dieu nous garde, les habitations voisines et leurs dépendances.

Ma mère, rassurante, les invite à prendre place et distribue à chacun un morceau de saucisse débarrassé de tout parfum floral et certifié... produit Casher2 de surcroît !

1 L’Huile d’Argan est extraite de l’amande du fruit de l’Arganier. Cet arbre unique au monde par ses caractéristiques, n’existe que dans le Sud-ouest du Maroc. Son aire géographique couvre quelques 820 000 hectares dans la grande région d’Essaouira-Agadir en passant par Taroudant. L’extraction d’un litre d’huile nécessite 8h à 10h de travail, selon le procédé traditionnel ancestral. Cette huile extrêmement prisée, aux vertus et aux propriétés curatives pratiquement illimitées, est utilisée en cuisine, en phytothérapie, en cosmétique, dermatologie et, en bref, comme remède universel à tous les maux, la panacée en quelque sorte.

2 Casher, Cashrouth, la conformité avec les lois de la Torah, les prescriptions de la Loi juive, en rapport avec les aliments, la consommation, les modalités de préparation, la séparation de différents composants, permissions et interdictions, rituels etc. Pour signifier que les lois diététiques sont respectées, les Juifs emploient le mot Cashrouth, Casher.

 



Afin de permettre une rapide publication et diffusion de cet ouvrage magnifique, l'auteur, David Elmoznino pourrait s'engager a faire livrer aux interesses, le livre, en Israel et a l'etranger, moyennant une participation de 20 Euros .en Israel 80 Shekel Hadach tout frais compris.


Veuillez le contacter a son email si vous etes interesses : elmoznin@hotmail.com
Telephone pour les commendes begin_of_the_skype_highlighting              08 6375455      end_of_the_skype_highlighting a partir d'Israël
08 6375455

et le 00 972 8 6375455 pour les pays étranger

Adresse: elmoznino david B.P. 7650 eilat Israel



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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 09:26


La mémoire d'Abraham de Marek Halter
Editions Robert Laffont - 1979
646 pages
ISBN : 2 7242 1991 0

Résumé :

http://pagesperso-orange.fr/mondalire/Images/photos/m%E9mAb.jpgLe livre commence en 70 après J.-C., par la fuite d’Abraham, scribe au Temple de Jérusalem assiégée par les Romains et se termine en 1943 par la mort de l’imprimeur Abraham Halter, le grand-père de l’auteur, pendant la révolte du ghetto de Varsovie.

Au terme de six ans de recherches, Marek Halter a reconstitué la longue lignée d’une famille d’imprimeurs juifs –la sienne- dont les premières publications remontent au XVe siècle, en Italie.


De l’Alexandrie des premiers pogroms à l’Hippone de Saint-Augustin, de Narbonne avec ses rois juifs à Strasbourg, refuge de Gutemberg, de l’Istanbul des sultans turcs au Paris de la Révolution et à Varsovie, La Mémoire d’Abraham nous conduit sur la longue route des Juifs et nous fait redécouvrir, à travers leurs mœurs, leur religion et leur culture, l’histoire des peuples qui les ont accueillis ou chassés, et, en particulier, l’histoire de cette France où une partie de la famille de l’auteur s’est établie dès le VIIIe siècle pour ne plus la quitter.


Extrait :

Début du livre : A son habitude, Abraham le scribe s’éveilla d’un coup et, immobile sur sa couche, les yeux grands ouverts, il attendit le jour. L’aube, à Jérusalem, est une promesse qui vous emplit le cœur et Abraham, chaque matin, y cherchait confusément le signe que les choses de la terre et du ciel étaient en ordre.

Cela commençait vers l’Orient, du côté du désert, par un puissant remous au fond de la nuit, et les étoiles pâlissaient soudain. Puis tout allait très vite. La lumière montait comme une mer, vague après vague, déposant tour à tour des couleurs tendres et des éclats de quartz, allumant l’ocre des remparts, l’argent bleu des oliviers, la blancheur des terrasses. Les ânes et les coqs appelaient, les mouches entraient dans l’ombre des maisons tandis que, sur le parvis du Temple, vingt lévites poussaient sur ses énormes gonds la porte Nicanor ; le choc de bronze des lourds vantaux contre la muraille résonnait longuement sur la cité. Alors seulement Abraham le scribe se levait, heureux comme après une prière.

Mais ce jour là, le neuvième du mois d’Av de l’année 3830 après la création du monde par l’Eternel, beni soit-il, Abraham le scribe n’entendrait pas la porte Nicanor : après trois mois de siège, les légions romaines avaient investi l’Antonia, la forteresse qui commandait, au nord, l’accès au Temple. Il n’entendrait pas non plus les coqs ni les ânes : affamée, la population des assiégés les avait depuis longtemps mangés.

Abraham ne bougeait pas. Tant qu’il ne se remettait pas dans le courant de la vie, il pouvait encore croire que la faim, que la peur, que la guerre faisaient partie d’un rêve mal refermé, comme ces chiens jaunes qui s’attardaient le matin aux confins des villages et que l’activité du jour renverra au désert.
Mais l’aube vint…


Critique/Presse :

Dans La mémoire d’Abraham, Marek Halter retrace ou invente, on ne sait, un arbre généalogique deux fois millénaire. Depuis la destruction du temple de Jérusalem, en l’an 70, une famille juive tient un registre scrupuleux de ses tribulations et de ses engendrements. Beau sujet qui permet à Marek Halter d’évoquer brillamment les transplantations, pogroms, réinsertions, recommencements du peuple juif. Passent les siècles et défilent les continents. Interviennent au fil des ans et des lieux l’évêque Augustin, Chrétien de Troyes, Rembrandt, Sam Bronfman… La fresque est éblouissante. À tel point qu’on doit se secouer pour demander jusqu’où elle colle à l’Histoire. La réponse facile serait de dire qu’il ne faut pas bouder son plaisir.  

Laurent Laplante


La mémoire d’abraham 2 000 ans d’histoire d’une famille juive: de cette aube de l’an 70 où le scribe Abraham quitte Jérusalem en flammes à ce jour de 1943 où l’imprimeur Abraham Halter meurt sous les ruines du ghetto de Varsovie, cent générations se transmettent le livre familial, mémoire de l’exil. Jusqu’à Marek Halter, le «dernier scribe», qui, aujourd’hui, recrée pour nous cette grande aventure. Une œuvre exemplaire, chargée du souffle de la vérité et de l’âme de l’humanité.

«Enfin un vrai livre de réconciliation.»

Jean-Paul II


«Marek Halter nous rappelle la longue lignée des meuniers juifs à Narbonne, vignerons à Troyes, scribes à Strasbourg, imprimeurs à Paris pendant la Révolution. Il vient d’ouvrir les premières pages d’un grand livre.» François Mitterrand


«Une histoire de souffrance et d’espoir, de désir et de volonté, de lutte et d’accomplissement.» Shimon Peres


«J’aime cette saga qui mène aux sources du judaïsme français. Popularisant ce qui a été la vie des communautés juives au sein de la société française, “La Mémoire d’Abraham” apporte une contribution très riche à la réconciliation judéo-chrétienne.»

Simone Veil


«Voici donc un événement. Il paraît simple, évident, frais, presque naïf. Et c’est un tournant terrible. Sans plainte. Sans pathétique. Animé, de part en part, d’une joie et d’une confiance d’enfant. Un souffle est là.»

Philippe Sollers

http://www.laffont.fr

Petite remarque perso :J'ai lu ce livre il y a pas mal d'années déjà, pourtant, une profonde impression de grandeur et d'éblouissement m'est restée. Ce rouleau de parchemin qui passe de main en main, de génération en génération comme un fil qui lie, qui relie la famille Halter au temps : le plus proche de nous comme le plus lointain. Vraiment incroyable. Une bonne idée de relecture car l'histoire est d'une telle richesse ! J'avoue cependant ne pas m'être préoccupée de savoir si tout y était vrai ou si l'imagination avait parfois pris le pas sur l'Histoire et la magie a opéré sans faillir !

Source: Pageperso-orange


Ma remarque a moi : Je viens de commencer ce livre très attirant, je fais mon possible pour ne pas le lire tout a la fois, afin de tout absorber et de rater le moins possible de détails

Vivi

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 14:11

Cet article a été rédigé par Camus et publié sous son accord.
 Merci Camus, notre ami Hédi mérite bien  ce geste.




La Méditerranée, l'émigration clandestine, revues par un Hannibal des temps modernes, fils du chômage et homonyme bon enfant du grand conquérant. Cap Nord, roman de l'arrachement et de la fidélité.

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Centre Maghreb Canada

TITRE : Cap Nord. Roman Auteur : Hédi Bouraoui Nombre de pages : 272 Collection : Romans, no 45 Prix : 20 $CAN ISBN 978-1-897058-73-2 Parution : septembre 2008.


Cap Nord est un titre bien choisi : le Cap évoque les voyages, le changement, le renouveau et l'espoir. Le Nord représente la désillusion car le continent n'attend pas les Nord-Africains à bras ouverts, au contraire. Ce n'est pas la douce chaleur de La Tunisie, mais un climat froid et brumeux.

LE LIVRE

Si Hannibal Barca, le grand Hannibal, a quitté son sol attiré par un idéal extérieur, Hannibal ben Omer n'a d'autre choix que de partir poussé de l'intérieur par les forces de la précarité et du chômage. À New York, en Sardaigne, en Sicile, peu à peu ce nouvel Ulysse se découvre, volontaire, acharné à réussir.


 Réduite à 67%
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Il apprend aussi ce qu'ont été la vie et la mort de son père qui l'a abandonné. Parallèlement, il prend conscience des handicaps qui lui collent à la peau dès qu'il s'éloigne de Sfax, sa ville, de Kerkenna, son île natale, et de la Tunisie, sa patrie. L'Occident, l'ancien colonisateur, est toujours là, prêt à l'exclure, le dominer, comme il l'a fait depuis tant de générations pour ses ancêtres. Tel un cliché lors de son développement, l'image de la mère reste en filigrane et ne demande qu'à apparaître. Alors seulement sera couronnée de succès, pour Hannibal, sa quête du Graal et l'accession au trône du héros, fidèle à lui-même, dans un chant d'amour et d'espoir humaniste.

L'AUTEUR

Hédi Bouraoui est né à Sfax, en Tunisie. Éduqué en France, il enseigne et écrit à Toronto. Il est l'auteur d'une vingtaine de recueils de poésie, d'une douzaine de romans, et d'une dizaine d'essais de critique littéraire où il fait l'analyse d'une francophonie plurielle : Ontario français, Maghreb, Afrique subsaharienne, Caraïbes. Il est actuellement écrivain en résidence à York University, Toronto Canada.


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Hédi Bouraoui
Portrait par Kiat Lim Chew



Les Éditions du Vermillon,Ottawa, CANADA, Tél. : 613-241-4032

leseditionsduvermillon@rogers.com

Salon du livre de Paris 2009 : Hédi Bouraoui sera au stand de Québec Édition (V55)

Séances de dédicaces :

Vendredi 13 mars : 15 h - 19 h

Samedi 14 mars : 19 h - 20 h

Dimanche 15 mars : 17 h - 20 h

Lundi 16 mars : 16 h - 17 h

Mercredi 18 mars : 15 h - 17 h

(ACTIVITÉ RÉCF)

Mardi 17 mars : 15 h - 17 h

Site du Salon de Paris

VIPARIS - Porte de Versailles - Pavillon 1

Paris 15è

http://www.salondulivreparis.com


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